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LA PRESCRIPTION : UN DRAME SUR LE CONSENTEMENT BASÉ SUR UNE HISTOIRE VRAIE

Dernière mise à jour : 1 oct.

Quand j’entends quelqu’un dire : « Je n’ose plus flirter sans me demander si mon geste sera perçu comme déplacé, irrespectueux, harcelant… »… je tends à rester dubitative.


Que nous soyons homme, femme ou non-genré, nous avons tous et toutes appris le sens du mot « non » et les codes non-verbaux qui s’y rattachent (recul, crispation des traits du visage, repli sur soi, hésitation, fermeture corporelle, etc.), et ce, dès notre plus tendre enfance.


Il y a d’ailleurs fort à parier que nous avons pour la majorité tenté de « casser ce non » et d’enfreindre ces codes en insistant auprès de nos parents pour obtenir, par exemple, tel jouet au magasin, telle sucrerie à l'épicerie...


Que nous l'ayons fait étant petits, par incapacité de réprimer tel ou tel désir ou caprice, ou encore par volonté d’atteindre un but par la manipulation ou la rhétorique est une chose. C’en est une autre de faire fi de ce « non » et de ces codes une fois adulte, en particulier lorsque l’infraction est susceptible d’affecter la vie et la santé mentale de la personne de qui nous négligeons le consentement.



CONSENTIR OU FUIR : LÀ EST LA QUESTION


Apparue il y a à peine quelques années dans la sphère publique, la notion de consentement m'apparaît malgré tout déjà galvaudée. Comme la question de l’égalité homme-femme, je me demande parfois si je tente de dénoncer en vain… si mes expériences et celles de mon entourage sont représentatives de ce qui se passe dans d’autres réseaux sociaux que le mien.


Quelque chose me dit pourtant que le combat n’est pas terminé. Beaucoup de personnes n’osent pas encore dire « non », par conditionnement, par socialisation ou par peur... peur physique ou encore psychologique (peur du rejet, peur de perdre un privilège) ou tout cela en même temps. Dans le même sens, beaucoup de personnes ont l’impression que leur corps appartient à ceux ou celles qui le convoitent et croient viscéralement qu’elles doivent se soumettre à leur désir.


La notion de consentement est centrale dans les rapports humains en ce qu’elle trace la ligne entre une interaction et une agression. La répétition du geste non consenti trace quant à elle la ligne entre l’agression et le harcèlement.



IGNORER LE CONSENTEMENT D’AUTRUI CONSTITUE UNE AGRESSION


Selon Femmes et Égalité des genres Canada, seulement 28 % de la population canadienne comprend pleinement ce que signifie donner son consentement.

Pourtant, qui entre chez autrui sans frapper? Qui prend l’objet d’autrui sans demander? Pour quelles raisons, dans tous les domaines autres que la sexualité, un minimum de civisme est exigé, alors qu’une animation sur une tasse de thé semble nécessaire à la compréhension du consentement sexuel pour le commun des mortels?


Par ailleurs, qui peut réellement prétendre n’avoir pas su lire le langage non-verbal d’un.e partenaire? Avec le consentement vient intrinsèquement une volonté, une ouverture, un mouvement vers l’autre, et à tout le moins, un minimum d'enthousiasme sincère. Est-il vraiment possible de se tromper? Pas encore suffisamment clair? Suffit qu’à ouvrir les lèvres et à demander… simple comme ABC.


Qu’on se le dise : celui ou celle qui ne respecte pas le consentement d’autrui choisit de l’ignorer, d’insister, de manipuler, de prioriser ses propres envies à celles de la personne concernée. En cela, ignorer le consentement d’autrui constitue une agression.



FACE AU TRAUMATISME : LA FORCE DE L’ESPRIT NE FAIT PAS LE POIDS


Dans le film Léolo de Jean-Claude Lauzon, le frère du personnage principal, victime d’intimidation, est battu à nouveau par son intimidateur des années plus tard, alors qu’il s’est physiquement entraîné durant des années pour pouvoir se défendre en cas de nouvelle agression. Devant celui qui le narguait étant petit, il s’écroule en quelques minutes, toujours psychologiquement victime de son agresseur et de son passé. Ceci n’est qu’un exemple de la façon dont, face à un traumatisme, la condition du corps est moins importante que la force de l'esprit.



UNE SÉRIE QUI EXPLORE LA NOTION DE CONSENTEMENT


Avec ma série en développement « La Prescription », je souhaite entre autres examiner ce qui fait qu’une personne n’ose pas réagir lorsqu’elle se sent prise au piège dans une situation où elle ne se sent pas à l’aise.


De même, je souhaite encourager les personnes à écouter leur petite voix intérieure, à dire et redire « non » et à s’enfuir en cas d’agression, car les offenseurs n’hésitent pas à se servir du doute, du flou, du sentiment de culpabilité et de la peur pour sévir. La peur peut d'ailleurs parfois engendrer une gêne qui elle-même provoque un rire timide qui peut porter à confusion; en soi, le simple fait de cesser de sourire peut constituer la base d’un positionnement.


En outre, mon intention est d'explorer le concept de consentement dans une ère post-#metoo, notamment en explorant les tabous entourant la sexualité féminine. Une femme peut-elle, par exemple, être libérée sexuellement sans en subir les conséquences?


LA PRESCRIPTION : UN DRAME PLURIDIMENSIONNEL BASÉ SUR UNE HISTOIRE VRAIE


La Prescription est une série dramatique qui aborde les thèmes du consentement et de la santé mentale avec un brin d'humour dans un univers cinématographique coloré et percutant.

Marginale parce qu’élevée dans un environnement hors du commun, Alexandra évolue parmi les membres du culte de son père au sein duquel elle sent à l’aise jusqu’au jour où ils la trahissent en l’escortant dans les appartements du leader où, effrayée, paralysée et pétrifiée à l’idée de perdre notamment l’estime et l’amour de son père, elle se soumet aux désirs du prétendu prophète vénéré par ce dernier.


C’est dans la salle de bain du gourou où elle s’est réfugiée et pleure à l’idée de devoir satisfaire les besoins du leader, que la conscience d’Alexandra se dissocie et bifurque dans le monde des « 4F » (Fear, Fight, Flight, F*ck), incarnations de différents mécanismes d’adaptation auxquels elle réagira par des conversations télépathiques, parfois amusantes, parfois dramatiques.


Suite à son traumatisme, Alexandra s'auto-médicamente à grosses doses d'adrénaline, plongeant tête baissée dans des situations dangereuses, créant des conflits, abusant de drogues et d’alcool et ayant des relations sexuelles risquées jusqu’à ce qu’elle décide de consulter une professionnelle, avant que son univers s’écroule.


La mettant en garde contre sa dépendance à l'égard des « 4F », sa psychiatre lui donne une prescription : éviter de s’en servir pendant plusieurs mois pour retrouver une santé mentale équilibrée. Alexandra accepte le challenge et tente de cesser de les utiliser pour apaiser sa douleur.


Soutenue par sa sœur et son amoureux Sam qui l'encouragent à tempérer ses impulsions, Alexandra progresse avec peine, mais finit par revenir, face à leurs reproches, à ses comportements destructeurs. Ceci mène Sam à lui poser un ultimatum : soit elle change, soit elle perd l’amour de sa vie.


Crédit photo : Marc-André Thibault marcandrethibault.ca


SENSIBILISER POUR MIEUX GUÉRIR


Si je n'avais pas créé mon propre monde, je serais probablement morte dans celui des autres. - Anaïs Nin

Comme dans ma vie personnelle, Alexandra, sensible, débordante de créativité et avide d’expression utilise l’art et l’écriture pour surmonter son choc post-traumatisme et se reconstruire petit à petit.


Dans une optique thérapeutique, elle écrira un roman graphique illustrant les « 4F » comme personnages pour raconter son histoire. À travers son art, elle veillera surtout à sensibiliser le plus de gens possible à l’importance du consentement dans les rapports humains.


Apprendre à respecter ses propres limites et celles d’autrui dès son plus jeune âge est essentiel au développement optimal de chaque être humain. C’est aussi la base de relations saines, pacifiques et enrichissantes.


Sans respect de soi ni d’autrui, des vies entières peuvent dériver, voire basculer. C’est pourquoi je souhaite produire cette série inspirée de ma vie, mais susceptible de toucher un nombre important d’individus luttant quotidiennement avec l’enjeu du consentement.



Lilith Films est toujours à la recherche de collaborateurs et de commanditaires pour ses projets dans le but de déployer sa mission le plus largement possible.


Pour en savoir plus et nous soutenir, consultez nos projets en développement!

Plus haut : Extrait du pilote de « LA PRESCRIPTION ».

Plus bas : Générique pour connaitre tous les artisan.e.s qui ont travaillé sur le pilote.


Depuis 2006, Lilith Films produit des films bouleversants à l’esthétisme audacieux tout en laissant une grande place aux femmes et aux personnes marginalisées tant devant que derrière la caméra. La mission de l'entreprise est de créer des films qui se démarquent par leur point de vue et leur originalité.

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